Nutrition, détox, super-aliments, produits sans gluten et sans lactose, médecine alternative, soins anti-âge, crèmes miracles, jeunesse garantie… Condo avec multiples services, yoga et méditation, fitness gagnant, bien-être au travail, massage, spas, retraite… L’industrie du bien-être ne s’est jamais aussi bien portée dans le monde actuel ! Mais le bien-être est-il devenu une mode ou une réelle préoccupation ?

Je fais du yoga et je bois des smoothies. J’expérimente et trouve des recettes santé dans des revues à l’épicerie, sur le web, dans les réseaux sociaux, sans compter les innombrables conseils santés et styles de vie sain… je dois bouger, méditer, consommer des produits biologiques, sans OGM, sans gluten, sans sucre, éviter le stress, et patati et patata… sinon petite patate tant pis pour toi !  Les téléphones intelligents non jamais aussi bien servis ! On y retrouve toutes sortes d’applications pour calculer le nombre de battements de coeur, de calories brûlées au quotidien versus ses activités sportives, on peut y gérer un horaire de travail et familial, sa liste d’épicerie, ses courriels, lire l’actualité, sans oublier tous les médias sociaux, les textos… qu’est-ce qu’on ferait sans notre cellulaire et tablette ! Les médias sociaux et les médias de masses, le gouvernement et même les emballages de produits de consommation nous rappelle au quotidien l’importance de manger sainement et de prendre soin de soi.

 

Le marché et l’industrie

Depuis les 6 dernières années le phénomène du bien-être à « boomé » partout au niveau planétaire. Selon une étude faite en janvier 2017 par The Global Wellness Intitute, le milieu mondial du mieux-être représente aujourd’hui 3,72$ milliards et a enregistré une croissance de 10,6% entre 2013 et 2015. Effectivement, cette étude nous confirme que le bien-être est un des secteurs les plus grandissants et les plus prometteurs au monde.

 

Représenté dans le tableau ci-dessous, le marché du bien-être est divisé en 10 catégories différentes que voici selon l’ordre croissant du revenu : Beauté et anti-âge, Nutrition et perte de poids, Tourisme et bien-être, Fitness et pratiques cops-esprit, Médecine et santé publique préventive & personnalisée, Médecines complémentaires & alternatives,

Immobilier et mode de vie bien-être, Industrie du spa, Thermalisme et le Bien-être au travail. Toutes ces catégorie ont démontré et enregistré une croissance énorme entre 2013 et 2015 alors que l’économie du globe avait baissé de 3,6%.

 

mode bien etre retraite yoga

Nouvelle pathologie ?

 

Avec toutes ces expositions médiatiques et ces messages sur l’importance de la santé et du mieux-être, notre société n’est-elle pas en train de devenir obsédée par la quête du bien-être ? Qui ne souhaiterait pas sentir une jeunesse éternelle et vivre plus longtemps ? Peut-on se rendre malade à trop vouloir se faire du bien? Peut-être… ce style de vie, si nous pouvons l’appeler ainsi, demande beaucoup d’organisation, de planification et de rendez-vous. Si vous avez des enfants, vous savez très bien comment il faut être organiser pour rejoindre les bouts et trouver un équilibre entre l’école, le travail, les repas, les activités, les devoirs et les leçons, le ménage, l’entretien de la maison, les épiceries, le temps en famille, etc. S’ajoute à ça la rencontre avec le psy, le cours de yoga, le massage, la soirée au spa, la sortie en couple, sans compter toutes les dépenses qu’engendre le bien-être sur le porte-feuille et le budget personnel.

 

Depuis quelques années, les gens se soucis davantage de leur bien-être ce qui fait place à une nouvelle obsession qui pourrait pratiquement devenir une pathologie. Carl Cederström et André Spicer, auteurs du livre Le syndrome du bien-être parue en mai 2016, dénoncent un mouvement pro bien-être comme étant presque un culte. Ils apportent une analyse critique de la recherche systématique pour la perfection en matière de bien-être, de santé et de condition physique. Selon eux, cette tendance met de la pression sur les individus et les oblige presque à viser des sommets en termes de santé. Les auteurs montrent les effets pervers de ce mode de vie : un conditionnement social parfois irréfléchi et désordonné, une augmentation du stress et la réprobation de certains plaisirs qui seraient jugés nocifs.

 

D’après le psychothérapeute clinicien Philippe Morin, le bien-être doit s’inscrire davantage dans une qualité de vie que dans un style de vie. Trop souvent le bien-être devient un style de vie, c’est-à-dire une image que l’on projète, un idéal à atteindre et une performance. Le bien-être doit s’inscrire dans un savoir-être plutôt que dans un savoir-faire.

 

Au fait… qu’est-ce que le bien-être ?

 

Si je vous pose la question, qu’est-ce que le bien-être… quel est votre réponse? Que le bien-être est de prendre soin de soi ? Oui en partie, mais encore… Existe-t-il une réponse qui se dit en une simple phrase ? Ou peut-être cette question apporte-t-elle d’autres questions ? Je cite un extrait de la prologue du livre de Frédéric Lenoir, intitulé Petit traité de vie intérieure : « Exister est un fait, vivre est un art. (…) Pourtant, celle-ci se préoccupe de moins en moins de transmettre un savoir-être, au profit d’un savoir-faire. Elle vise davantage à nous permettre de faire face aux défis extérieurs de l’existence qu’aux défis intérieurs : comment nous connaître nous-mêmes et résoudre nos propres contradictions ? Comment acquérir une vraie liberté intérieure ? Comment aimer ? Comment finalement accéder à un bonheur vrai et durable, qui relève sans doute davantage de la qualité de la relation à soi-même et aux autres que de la réussite sociale et de l’acquisition de biens matériels ? »

 

Bref, je crois qu’il est important de faire la différence entre l’industrie, ses images d’idéaux, de beauté et de bonheur parfait et ce qu’est le réel bien-être intérieur. Être heureux et bien avec soi-même en revient à la responsabilité et la volonté de chacun. Pour certaines personnes un moment de bien-être peut être de manger un hamburger avec des frites, faire du bateau à moteur et prendre une marche dans leur quartier. S’ils sont heureux et ont confiance en la vie, personne ne devrait les juger car ils vivent leur bien-être. Également, ce n’est pas tout le monde qui ont les moyens et les ressources financières pour s’offrir des cours de yoga, des super-aliments, des coachs de vie, etc. Ou encore d’être informer et d’avoir des ressources psychologiques pour être bien. Il existe un bon nombre d’acteur dans le secteur du bien-être qui peuvent profiter du marché pour s’enrichir. Bref, je crois que le profond bien-être c’est d’être heureux et d’avoir confiance en la vie. C’est d’être bien dans son corps, de l’aimer et de l’accepter. De savoir lâcher prise sur ce qui est hors de notre contrôle. C’est de trouver à l’intérieur de soi une liberté d’être qui on est, sans peur du jugement de l’autre. Et peut-être même d’apprivoiser la mort, mais surtout d’aimer et de partager. De se connaître et d’être simplement soi.

 


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Véronic Briand

Professeure de yoga certifiée et massothérapeute
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